La LDH a adressé un courrier aux candidats à l'élection municipale (ici). Voici notre réponse :

Monsieur le Président,

Nous avons bien reçu votre courrier du 1er mars relatif à plusieurs volets de notre projet municipal. Tout d'abord, nous vous informons que la liste Clamart Citoyenne s'est constituée entre plusieurs organisations politiques et également avec des citoyennes et des citoyens non liées à un parti politique sur la base du constat d'une demande croissante d'honnêteté et de transparence de la part de la population. A ce titre, les valeurs républicaines sont mises au premier plan par notre liste. Ainsi les valeurs prioritaires que vous mettez en avant et sur lesquelles vous nous questionnez, la démocratie - la liberté d'aller et venir - le droit à la sécurité - le droit à l'éducation, ont été analysées lors de la constitution de notre programme.

Plus précisément :

1/ Communauté d'agglomération et Paris Métropole

Ce sujet est en totale mutation. Il est en effet prévu que les communautés d'agglomération des départements de la petite couronne de Paris disparaîtront dans deux ans. C'est pourtant la première fois que les représentants communautaires sont élus au suffrage universel. Cette élection directe n'est donc hélas pas porteuse de démocratie de long terme puisque les Clamartoises et les Clamartois (comme tous les autres habitants concernés de la région parisienne) éliront directement des personnes dont le futur mandat reste très largement inconnu.

Par ailleurs, la métropole du Grand Paris doit se mettre en route le 1er janvier 2016. Ici encore, de très nombreuses incertitudes demeurent concernant la gestion de ses compétences, puisqu'elle pourra en déléguer certaines à ses "conseils de territoire", remplaçant les communautés d'agglomération actuelles sur des territoires de plus de 300000 habitants. De plus, les élus de cette nouvelle entité politique ne seront pas élus directement.

Dans ce contexte, il nous paraît bien illusoire de faire abus de "promesses électorales" à nos futurs électeurs sans se moquer d'eux. Nous préférons, dans nos tracts et dans nos réunions électorales, leur expliquer la complexité et l'indétermination de ce contexte ainsi que ses incertitudes pour qu'ils aient la possibilité de décrypter les affirmations péremptoires que certains médias et candidats leur assènent.

Toutefois, pour la période d'un an et demi durant laquelle notre communauté d'agglomération existera encore, elle continuera à agir dans les domaines de sa compétence, comme c'est le cas depuis 2005, notamment : le développement économique, l'emploi, les médiathèques, les salles de spectacle, les piscines, la gestion des déchets, les transports locaux, la politique cyclable, la lutte contre le bruit, l'éclairage public et plus largement tout ce qui figure dans le plan territorial de développement durable qu'elle a élaboré. Nous y porterons nos orientations dans ces domaines pour les mettre en œuvre.

2/ Vidéosurveillance

Tout d'abord, comme nous le disons dans notre programme : "le droit à la sécurité est un des droits humains fondamentaux". Nous refusons cependant clairement de céder à la surenchère sécuritaire et à la démagogie.

Dans notre liste, figurent 5 élu-e-s du mandat précédent. Tous ont voté, en 2013, contre le projet de vidéosurveillance mis en place par le maire actuel, Philippe Kaltenbach. C'est d'ailleurs une des raisons déterminantes de leur rupture avec la liste initiée par le maire actuel et sur laquelle il figure. Nous estimons comme vous que la vidéosurveillance sur la voie publique est une atteinte aux libertés fondamentales. La vidéosurveillance en général ne semble pas, au premier coup d'œil, attenter à la présomption d'innocence. Mais, dès le deuxième coup d'œil, par les nombreux exemples de personnes fichées "juste parce qu'elles passaient par là" à l'heure d'une agression ou d'un vol, on s'aperçoit que la présomption d'innocence est bafouée et que nous sommes, d'avance, "tous coupables". Le système qui est en place actuellement à Clamart consiste en 4 caméras "mobiles" ou plutôt "déplaçables" qui enregistrent ce qui se passe dans leur champ de vision. Elles sont installées sur 4 sites, et 9 autres sites sont envisagés pour y déplacer ces caméras. Ces dernières sont louées. Il n'y a pas de poste de surveillance en direct, c'est à dire que les enregistrements ne sont visibles qu'a posteriori, si un événement est signalé à un moment donné.

Le prix de location de ce matériel est, chaque année, à peu près équivalent au coût (salaire et cotisations) d'un emploi de médiateur ou de garde municipal. Nous proposons donc, au lieu de développer ce système comme le proposent les listes UMP-UDI-MoDem et PS-PCF-MoDem de dénoncer ce contrat de location et "d'améliorer les moyens et la formation des médiateurs et des gardes municipaux non armés afin qu'ils fassent un travail efficace de terrain". Cette présence humaine accrue, et complémentaire des forces de police nationale en quantité suffisante, doit permettre une meilleure prévention et doit améliorer le sentiment de sécurité des habitants.

3/ Inscriptions dans les écoles de tous les enfants

A Clamart, il y a un milieu associatif qui a depuis longtemps été très attentif aux droits des personnes étrangères en situation régulière ou non. Les associations de parents d'élèves ont globalement toujours joué le jeu de la vigilance lorsque des familles semblaient déstabilisées par des problèmes d'ordre légal (autrement dit : "sans papiers"). Les élus ont toujours été interpellés et appelés à aider dans ces situations. Des parrainages ont été organisés. Plusieurs des élus de notre liste ont procédé à ces parrainages. Une permanence de RESF (Réseau Éducation Sans Frontière) se tient régulièrement à Clamart et plusieurs de ceux qui la gèrent sont également sur notre liste. Nous considérons que tous les enfants doivent être scolarisés quel que soit le statut de leurs parents. C'est ce qui a été fait ces dernières années à Clamart et c'est ce que nous nous engageons à continuer de faire.

Par ailleurs, il y a, à quelques centaines de mètres de Clamart, un terrain où habitent de façon précaire une vingtaine de familles principalement d'origine roumaine, ce que la télévision appelle de façon inexacte et méprisante "un camp de roms". La situation géographique de ce terrain est très compliquée à la frontière de quatre communes et de trois départements avec un terrain situé dans les Hauts-de-Seine mais dont le propriétaire est le conseil général de l'Essonne.

Les familles concernées ont des enfants. Soit en tant qu'élus, soit en tant que militants, nous avons toujours agi pour leur scolarisation et, une fois élus, nous continuerons à le faire, sachant qu'une difficulté pour Clamart vient du fait qu'ils habitent sur le territoire de Châtenay-Malabry. Nous travaillons avec des enseignants sur ce sujet. Comme pour les autres cas cités plus haut, les enfants roumains de ce terrain ont droit à toute notre attention.

Les services sociaux du département des Hauts-de-Seine seront également sollicités pour mener à bien un nécessaire accompagnement.

La commune de Clamart a beaucoup agi ces dernières années pour faciliter la scolarisation des enfants en situation de handicap, aussi bien dans les classes ordinaires que dans les classes spécialisées (2 CLIS à Clamart). Les auxiliaires de vie scolaire sont financés par l'Éducation Nationale mais des aides communales existent comme le transport communal de certains enfants scolarisés en CLIS, pour se rendre à l'école ou pour participer à certaines activités sur le temps scolaire. Les centres de loisirs sans hébergement se sont également ouverts à des enfants en situation de handicap. Nous continuerons cette politique comme annoncé dans notre programme: "favoriser l'intégration des enfants en situation de handicap à l'école" et "réhabilitation et accessibilité" de plusieurs écoles dès 2015 (en complément de celles déjà réhabilités ou reconstruites ces dernières années).

Notre programme comporte également d'autres parties qui pourraient se rattacher au champ de compétence de la Ligue des Droits de l'Homme. Ainsi, de façon générale, face à la catastrophe écologique qui se profile, les populations pauvres seront les premières touchées et nous ferons tout pour que leurs droits fondamentaux soient le mieux possible préservés (droit au logement, accès à l'eau, protection contre les discriminations).

Espérant avoir répondu à vos questions de la façon la plus complète et compréhensible possible, nous vous adressons nos salutations républicaines,

Vanessa Jérome, pour la liste Clamart Citoyenne